Une caméra à nacelle qui tient dans une poche, avec désormais deux focales : la DJI Osmo Pocket 4P ajoute un moyen téléobjectif de 60 mm au grand-angle habituel de la gamme. Le test complet publié le 2 novembre par L’Éclaireur Fnac permet de faire le point sur ce que ce second « œil » apporte vraiment à l’image, et sur ce qu’il coûte en ergonomie. Pour un photographe qui cherche un outil vidéo léger à glisser à côté de son boîtier, la question mérite d’être posée avant les fêtes.
Plan de l'article
Deux modules, deux capteurs #
D’après la fiche technique officielle de DJI, la Pocket 4P associe un objectif grand-angle monté sur un capteur CMOS de type 1 pouce et un moyen téléobjectif équivalent 60 mm ouvrant à f/1,8, monté sur un capteur de 1/1,28 pouce. La caméra dispose de 103 Go de stockage intégré, extensible par carte, et pèse 230 g pour 159,5 × 63,3 × 33,5 mm.
Le test de L’Éclaireur Fnac précise que le grand-angle est un équivalent 20 mm ouvrant à f/2.0, que la caméra filme jusqu’en 4K à 240 images par seconde et produit des photos d’environ 37 millions de pixels. Sortie en Europe en juillet, la 4P vient compléter la Pocket 4, lancée à la mi-avril 2026, qui se contentait de peaufiner la formule.
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Le 60 mm, un vrai atout en portrait #
C’est l’enseignement principal du test : le moyen télé change la manière de filmer les gens. Les visages sont moins déformés qu’au grand-angle et l’arrière-plan se détache mieux. Pour quiconque a déjà tenté une interview ou un portrait vidéo au 20 mm, en se rapprochant trop du sujet pour remplir le cadre, l’intérêt est évident. On retrouve en vidéo la logique qui pousse les photographes vers les focales de 50 à 85 mm pour le portrait.
Attention toutefois : il ne s’agit pas d’un zoom optique continu. La caméra dispose de deux focales fixes, et passer de l’une à l’autre équivaut à un grossissement optique de 3x. Au-delà, l’agrandissement devient numérique, jusqu’à 12x en vidéo et 9x en photo, avec une image qui se dégrade rapidement selon le testeur. Un bouton dédié permet de basculer d’une focale à l’autre en une pression, mais un léger saut d’image reste visible en vidéo au moment du changement d’objectif.
La dynamique du grand-angle
DJI annonce pour son grand-angle de 1 pouce une plage dynamique de 17 stops et la prise en charge du profil D-Log 2. Le test confirme que cette dynamique fait la différence dans les scènes contrastées, typiquement un contre-jour ou une rue entre ombre et soleil. En revanche, le D-Log 2 est réservé au grand-angle : impossible de tourner en profil log avec le 60 mm, ce qui complique l’étalonnage d’un montage qui mélange les deux focales.
Ce que le second œil fait perdre #
La Pocket 4P pèse 40 g de plus que la Pocket 4, et tout ce poids se concentre dans la tête de la caméra, la poignée gardant les mêmes dimensions. Le centre de gravité remonte et l’ensemble se trouve légèrement déséquilibré vers le haut. Le testeur relève aussi un suivi automatique ActiveTrack moins réactif et une autonomie annoncée réduite de 30 minutes par rapport au modèle simple.
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Côté protection, la copie est maigre : le double module ne se rétracte pas une fois la caméra éteinte, aucune protection n’est fournie dans la boîte, et la caméra n’a pas de certification d’étanchéité. Pour filmer sous l’eau, il faut un caisson vendu à part.
Pour quel photographe ? #
Ce type de caméra ne remplace pas un hybride, mais il rend de vrais services en complément. Pour un photographe de mariage ou d’événement qui veut capter quelques plans vidéo stabilisés sans changer de matériel, pour un portraitiste qui documente ses séances en coulisses, ou pour un voyageur qui veut un carnet vidéo sans alourdir son sac, le format de poche reste imbattable. Le 60 mm ajoute la possibilité de filmer un visage proprement sans se coller au sujet.
La conclusion de L’Éclaireur est claire : si vous cherchez plus de contrôle créatif et un vrai changement de focale dans un format de poche, la 4P est le modèle à viser. Pour un usage occasionnel, la Pocket 4 reste plus indiquée. Et si la 8K ou un écran détachable comptent davantage, le testeur oriente vers la Luna Ultra d’Insta360, concurrente directe lancée dès juin avec elle aussi un second module.
Avant d’acheter
Prenez en main la caméra si possible : le déséquilibre de la tête se ressent surtout en filmant à bout de bras. Pensez à la protection, puisqu’aucun étui rigide n’est livré. Et si vous filmez souvent en log pour harmoniser vos images avec celles de votre boîtier, gardez à l’esprit que seul le grand-angle le permet. Pour des portraits en lumière naturelle, en revanche, le moyen télé ouvert à f/1,8 a de quoi séduire.
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